Placenta… une nouvelle légende urbaine?

Placenta… une nouvelle légende urbaine?

PLACENTA signifie Gateau en latin… cela est surement dû à sa forme de galette aplatie… et cela  peut induire tous ces us et coutumes primitives qui reviennent périodiquement. ( cf Wikipédia )

Une tendance qui prend de l’ampleur : Mangeons notre placenta! Un slogan qui devient à la mode?…manger placenta accouchement

Une image plutôt bizarre, un peu bestiaire… Justement, les animaux mange leur placenta! Mais l’Homme revient aux sources… jusqu’à manger son placenta après l’accouchement?

Même le respectueux New York Times magazine en parle!

Les vertus sont :

  • riche en fer
  • riche en vitamine B12
  • favorise la lactation
  • evite le baby-blues ( en tout cas le réduit )
  • reduit les douleurs post-partum
  • atténue la chute des cheveux

La manière de l’ingurgiter le manger :

  • sous forme de “smoothie”, milkshake, tisane
  • cuit et seché
  • en gélule ( après transformation )

En France, le placenta est considéré comme un résidu opératoire, donc, il est jeté et il est impossible de le remettre à la nouvelle maman que ce soit en milieu hospitalier qu’un accouchement à domicile.

Aux Etats Unis, ce n’est pas le cas, d’où le développement de cette pratique en pleine croissance. Il existe même un livre de cuisine : The placenta cookbook. Et les icones de ce mouvement sont les célèbres Jodi Selander, “encapsuleuse de placenta” et Jennifer Mayer, “préparatrice en placenta“. Cette pratique est aussi relayée par les Doulas américaines.

Aucune étude n’est sortie pour vérifier les vertus ou les méfaits de cette pratique. Dans mes recherches, j’ai seulement trouvé l’intervention du Dr Marty, gynécologue-obstétricien d’Albi , dans un article du Figaro de septembre 2011 : «Le placenta ne contient aucun élément exceptionnel qu’on ne puisse retrouver ailleurs, qu’il s’agisse de fer ou de vitamines. Son seul intérêt, c’est qu’il est une source de cellules souches mais il ne sert à rien de les consommer, elles ne sont intéressantes que pour la recherche médicale»

Une question que j’ai posé aux sages-femmes des mois précédents pour avoir leur avis qui est assez unanime : c’est une pratique qu’elles n’ont jamais rencontré… et trouvent cela plutot hors de propos… C’est surement dû au fait que pour elles, le placenta est vu comme un autre organe et non comme un objet précieux.

Une des sages-femmes interrogées, avoue que pendant de nombreuses années les placentas pouvaient être récupéré pour envoyer à l’institut Mérieux qui faisait des gamma globulines avec. De 1978 à 1982, le placenta pouvait être aussi récupéré pour les services de gériatrie : placé dans un champs stérile, aide soignante le récupérait pour le placer directement sur les escarres en gériatrie et en quelques heures les cellules vivantes et régénérantes permettaient que se comble en grande partie l’escarre débutant. Ces cellules vivantes sont aussi celles qui, dans le lait maternel, sont les anticorps utiles pour cicatriser les crevasses et faire des lavages de nez afin de résoudre les infections ORL. Mais c’était avant l’épidémie du SIDA… Après la prudence était de mise!

J’ai même eu une vision psychanalyste pour expliquer cet engouement : “ (…) Ni tout à fait à la mère..ni tout à fait à l’enfant. Le traumatisme de la naissance  que  Rank décrit, qui fait déjà débat avec Freud, Lacan le scrute à la loupe pour faire du placenta le premier objet perdu, première séparation avant celle qui se réalise comme répétition dans toutes les autres séparations (…)

Un très beau lien qui explique bien cette vision : psychanalysedelindicible.com

Toutes ne nient pas qu’une origine culturelle particulière apporte des pratiques particulières comme l’enterrer…

°o°o°o°o°

rituel placentaUne autre pratique qui se développe avec le placenta est son enterrement : on est plus dans la symbolique et cela fait parti des certaines coutumes tribales. Ou pas si tribale que cela : on retrouve une coutume en Alsace au 19eme siècle, où le placenta devait être enterré au pied d’un arbre ( ou sous un nouvel arbre ) pour retourner à la terre nourricière. Ou alors, le placenta devait être enterré immédiatement après l’accouchement par le père dans un endroit à l’abri du soleil et de la lune, loin des mauvais esprits.

°o°o°o°o°

Un peu moins animal mais tout aussi bizarre pour les néophytes : les bébés lotus. Le cordon ombilical n’est pas coupé ( tristesse naissance lotuspour les papas à qui on enlève leur précieux role du coupage de cordon… ) et on laisse sécher le cordon et le placenta. Après quelques jours, il se détache de lui-même.

Apparemment, les bébés lotus seraient plus calmes et indépendants.

°o°o°o°o°

placenta dessinEt au fil de mes recherches sur ce mystérieux organe, on a aussi la possibilité de transformer le placenta en oeuvre d’art… Un peu comme un pochoir.

°o°o°o°o°

Je reste dubitative sur l’intérêt de ces pratiques car cela engage la responsabilité du corps médical ( et ici la sage-femme ) : même si c’est une partie de son corps, je ne me vois pas garder mon appendicite fraichement coupée… Quoiqu’on garde bien les dents de lait de ses enfants…

Toujours curieuse de comprendre et de chercher la vérité sur les croyances urbaines!

Qu’en pensez-vous? Avez-vous des articles/ des recherches scientifiques qui approuvent cette pratique?

Etre attentifs avec les futurs et jeunes parents

Etre attentifs avec les futurs et jeunes parents

aide parents

Notre sage-femme du mois de mai met un point d’honneur sur l’accompagnement avec son mantra : “Aider à savoir faire mais ne pas faire à la place de

Ce qui me tient à coeur… je crois que l’accompagnement, l’humanité dans l’accueil, le lien que font les différents intervenants auprès des familles est fondamental et à lui seul, fait la moitié,du soin… voir plus!
Communiquer entre tous les intervenants qui vont prendre part au soin du petit patient et de sa maman, de sa famille est FONDAMENTAL .
Toutes formes de lien et de soutien me paraissent fondamentaux pour permettre à nos parents et à nos petits patients de se lancer dans la grande expérience de la vie ! “

Emmanuelle met en avant toutes les associations qui offrent un temps de paroles, de communication, de lien , de soutien envers la parentalité  :

  • SOS préma:sos-prema

Association créé depuis 2004 . Elle travaille sur :

  1. l’accompagnement et le soutien des familles par du soutien téléphonique ou groupes de parole, par de l’information en editant des guides et des livres, par le réseau etc…
  2. l’apprentissage et l’initation des collectivités en participant à la Charte de parentalité, en proposant des lois, en organisant des colloques etc…
  3. le dialogue entre les équipes médicales par la formation, des livrets informatifs, réseaux.

Sachons que c’est grâce à eux que le congés de maternité pour les parents de bébé né en avance ait été allongé!

Plus de renseignements sur leur site : www.sosprema.com

  • la cause des parents et la maison de la parentalité et de la naissance :parentalite

C’est un association qui existe depuis 2005 mais dont le combat a commencé dans les années 90. Cette association propose un lieu de partage inter-générationnel. C’est aussi un lieu d’information pour vivre au mieux sa grossesse ( accompagnement, préparation à la naissance, parentalité etc… ). N’oublions pas leur soutien à la création d’une maison de naissance.

Beaucoup d’actions sont mises en oeuvre, faites un tour sur leur site : www.lacausedesparents.org

  • mamanblues :mamanblues

Association créée depuis 2006. Elle oeuvre via un site de soutien, d’écoute et de conseil pour les mamans en difficulté. Cette association informe aussi les professionnels de santé, de la petite enfance et dans les collectivités privées et publics.

Plus de renseignements sur leur projet : www.maman-blues.fr

  • le LAPS (lien accompagnement parentalité soin) :

C’est une activité non sectorisée et financée par la CPAM.

Cette association permet une prise en charge des troubles psychiques apparus chez un parent pendant la grossesse, ou après. Le but est de développer des soins psychologiques précis à des personnes qui y ont difficilement accès.

Plus de renseignements sur : www.smc.asso.fr

Beaucoup d’association dans la vallée du Rhône, beaucoup de structures pour aider les mamans et les futurs parents! De belles initiatives! Merci à notre sage-femme du mois de mai de nous les avoir faites découvrir!

Interview du mois de mai

Interview du mois de mai

temoignage sage-femme

°o°o-  Voilà un nouveau mois qui commence : “En mai, fais ce qu’il te plait”, un beau mois en perspective. Notre sage-femme du mois de mai se présente, c’est à vous :

°o- Je m’appelle Emmanuelle F.D, j’ai 48 ans et exerce comme sage-femme depuis 25 ans cette année .

Tout d’abord, en Normandie, dans ma ville natale, ma maternité natale, puis en Rhône-Alpes où je suis venue me marier en 1996.
Mon mari et moi avons deux beaux garçons de 14 et 12 ans .
°o°o- Votre métier, est-il une vocation ou un hasard de la vie?
°o- Mon métier est une vocation, j’ai décidé à l’âge de 7 ans de devenir sage-femme , après avoir écouté ma mère me raconter les moments merveilleux de ses maternités, toutes accompagnées par des sages-femmes formidables, il va de soi !
Je n’en ai jamais démordu et ai répété pendant toute ma scolarité que je serai sage-femme ! Ou puéricultrice au pire !!!
Et je suis à Kangourou ! Pour moi, c’est un aboutissement, ce pourquoi j’étais programmée !
°o°o- Avez-vous une particularité qui vous rend unique?
°o- Je crois que ma passion est intacte , et je la trouve même encore plus passionnante car je suis riche d’expérience maintenant.
J’aime partager mon expérience, encadrer les étudiantes et les jeunes sages-femmes.
A mes début , j’ai eu l’énorme chance de rencontrer les bonnes personnes qui ont donné le sens que j’attendais à ma profession.
Ou plutôt les sens! La rigueur, le savoir-faire, le respect, mais surtout l’humanité, beaucoup d’humanité, pour accueillir, accompagner, épauler, soutenir ,guider ces familles dans la parentalité .
Après neuf années de salle d’accouchement et de grossesses pathologiques, ponctuées de plusieurs petits séjours en suite de naissance mais aussi consultations et préparation à la naissance en piscine, je suis arrivée sur Lyon où ma carrière a pris une autre direction .
Le changement de région, d’hôpital, la naissance de mon premier enfant m’ont très vite conduite en suite de naissance que je n’ai pas quitté depuis.
J’y ai occupé des postes variés qui m’ont tous passionnés : des suites de naissances pathologiques ou classiques, puis le poste de sage-femme de pouponnière, les suites de naissances à domicile en sortie précoce, détachée de l’hôpital .

Depuis 2008, je travaille au sein d’une formidable équipe Kangourou qui accueille des mamans et leurs bébés soit juste après la naissance, soit quelques jours plus tard, soit plusieurs semaines voir mois après la naissance du bébé en lit accompagnant pour les mamans. La particularité de ce service repose sur le fait que tous les bébés hospitalisés au sein de cette unité relèvent du service de néonatalogie.

Les indications de ces hospitalisations sont en majeure partie liées à la prématurité ou au petit poids de naissance. Mais ce service accueille aussi bon nombre de bébés atteints de pathologies diverses et variées pour lesquelles une hospitalisation en maternité classique n’est pas possible ( risques infectieux, malformations ,sevrage ,maladies diagnostiquées en anténatal,difficultés alimentaires, surveillance du comportement, difficultés psycho-sociales …).

J’y travaille en binôme avec une auxiliaire-puéricultrice, en garde de 12h jour et nuit . L’équipe se compose aussi du pédiatre responsable de l’unité, d’une sage-femme cadre, de l’obstétricien responsable des suites de naissance classiques , d’une équipe de pédo-psychiatres, psychologues, assistante sociale, puéricultrice de PMI détachée, sage-femme tabacologue, médecin addictologue, et bien sur l’équipe d’aides-soignantes et d’agents d’entretien .
Le travail est passionnant, riche et varié, complet. Nous prenons en charge le couple mère-enfant, tant pour les soins spécifiques au nouveau-né que ceux de la maman qui vient d’accoucher.
Beaucoup de ces grossesses ont été difficiles et compliquées , bon nombre issues de la PMA (procréation médicale assistée) , souvent du DAN (diagnostique anté-natal), avec des hospitalisations parfois répétées ou longues. Les mamans sont aussi souvent porteuses de pathologie conduisant à la prématurité et au petits poids de naissance (hypertension, diabète, greffes, pathologies utérines …).
Toutes ces familles ont donc des parcours psychologiques chahutés, mis à mal, compliqués.
L’unité Kangourou peut permettre à ces mamans, ces bébés, ces papas ,ces frères et sœurs de démarrer du bon pied, sans ou avec le moins possible de séparation, de créer ce lien parfois si peu évident avec un bébé tout petit, différent, malade et une maman parfois aussi en difficulté physique et ou psychique .
Les débuts pour ces nouveaux-nés sont parfois laborieux et longs, les mamans ont besoin de prendre leur place avec ce petit bébé médicalisé. L’hospitalisation en chambre classique de maternité, avec la même équipe qu’en maternité, favorise ce regard positif, qui dédramatise la situation et favorise l’adaptation et les ajustements dans le couple mère-bébé.
Les sages-femmes, au nombre de six, sont toutes expérimentées,  la moitié sont puéricultrices, toutes ont une expérience des nouveaux-nés, formées en néonatalogie, trois ont le DIU de psychopérinatalité.
La sage-femme peut ,de part sa formation et son expérience ,relire avec les mamans ou les couples, le déroulé de la grossesse, de l’accouchement, de l’évolution du nouveau-né. Elle offre aussi un grand soutien au démarrage de l’allaitement avec ces petits bébés.
C’est une prise en charge médicale, physique et psychique, passionnante et vibrante !
°o°o- Passionnant cette unité Kangourou! J’en prends bien note!… Et quel est votre plus beau souvenir ou votre grande fierté?
°o- Mon plus beau souvenir…
J’en ai des dizaines et des dizaines, chaque famille est unique et chaque expérience aussi.
Il est sur qu’au top ten des émotions, je mettrai l’accouchement de mes meilleures amies, avec un petit plus pour la naissance de Mathilde!
J’ai la chance d’avoir pu les accoucher presque toutes et ce fut un vrai partage humain, beaucoup d’amour à ces moments là.
J’ai accouché aussi ma cousine germaine (elle ne s’appelle pas Germaine mais Virginie) et là, l’émotion fut “viscérale”, le même sang que le mien, un cadeau de la vie familiale !
Je suis à chaque fois touchée par les remerciements des familles que j’accompagne, les petits mots, les attentions, les paroles me touchent beaucoup et entretiennent, je crois, ma passion .
°o°o- Et quelle est la chose la plus insolite que vous avez vu? Ou même fait…
°o- Dans l’insolite, je choisirais une expérience professionnelle à mes débuts, en équipe avec Martine D. d’ailleurs ( notre sage-femme du mois d’avril ), un diagnostic de complication obstétricale complètement inattendu au vu des circonstances et de mon inexpérience mais qui a peut-être sauvé un bébé ce jour là!
Dans ma pratique quotidienne, je reste émerveillée par les compétences de mes petits patients, ils me surprennent jour après jour et je ne me lasse pas de les voir s’éveiller à la vie avec autant de courage, de volonté, de pugnacité !
J’ai grand plaisir à aider les parents de ces petits bouts à percevoir tous ces instants magiques et n’ai de cesse de les guider dans cet apprentissage.
°o°o- Que conseillez-vous pour remplir le trousseau de naissance de bébé? Car c’est un casse-tête pour les futures mamans!
°o- Pour la valise, je leur conseille du chaud! Très souvent, le nouveau-né a du mal les premières heures à réguler sa température et il a besoin de brassières en lainage, d’un bonnet bien chaud pour garder ses calories!
Plus le bébé est petit en poids et jeune en âge et plus il aura besoin de ces vêtements là!
Je leur conseillerai aussi des pyjamas qui se ferment devant, qui facilite la manipulation du bébé et les mettent en confiance plus rapidement.
°o°o- Avez-vous une cause qui vous tienne à cœur?
°o- Une cause qui me tient à cœur : accompagner les parents avec beaucoup plus de souplesse et de liberté, les respecter davantage en cassant ce carcan médical qui a du bon, je le reconnais en donnant des limites et du contour mais qui empêche souvent les familles de prendre elle-même en charge leurs petits et de se responsabiliser , de s’autonomiser;
Casser le cou à l’assistanat !
“Aider à savoir faire mais ne pas faire à la place de “
°o°o- Et pour finir, quel est le meilleur soap médical américain que vous adorez?
°o- En tête de liste : “Urgences”, que j’ai suivi pendant les 14 années !
J’ai ensuite découvert “Grey’s anatomy” sur le tard, je peux maintenant le regarder en VO, excellent pour mon anglais (sous-titrage tout de même sinon je peux être totalement perdue !)
“Dr House” et son humour décapant , il n’a pas toujours tort avec certains patients ………….
De façon générale, tout ce qui touche à la médecine m’intéresse !
Ah, nous avons les mêmes avis sur les séries médicales américaines!… Merci beaucoup Emmanuelle pour cette superbe interview! Rendez-vous la semaine prochaine pour développer les causes qui vous tiennent à cœur.

Journée internationale de la sage-femme

Journée internationale de la sage-femme

SAMEDI 5 MAI 2012

Retenez bien cette date : samedi 5 mai car c’est la journée internationale de la sage-femme.

Cette journée permet de faire un état des lieux, depuis 15 ans,  du métier de sage-femme dans le monde entier.

Chaque année, plus de 300 000 femmes meurent des complications. 60% de ces décès se concentre sur 6 pays : l’Inde, le Nigéria, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Ethiopie et la République Dem. du Congo.

Chaque année, 7 millions de femmes souffrent des suites de couches ( infections, blessures, handicaps ).

Chaque année, 8 millions de nouveau-nés meurent dont la moitié sont mort-nés.

Le monde manque de sage-femme : 700 000 selon les estimations de l’UNFPA ( Fond des Nations-Unis pour la population )

Dans 90% des cas de décès maternels, la présence d’une équipe qualifié et de matériels adéquats pourraient éviter cet hécatombe.

Un exemple flagrant : la Malaisie, le Sri Lanka et la Thailande ont divisé par 2 le taux de mortalité des mères en 10 ans en augmentant le nombre de sages-femmes!

En France, on dénombre plus de 20 000 sages-femmes. Cette journée en leur honneur permet de rappeler leur spécificité, leur savoir-faire et leur place dans la société.

L’ÉCHO DES SAGES-FEMMES met tout en œuvre, chaque mois, à défendre leur métier en vous montrant toutes ses facettes.

Les manifestations connus pour le 5 mai 2012 :

( liste à étoffer si vous êtes au courant d’une manifestation )

On en parle dans le blog de notre sage-femme Géraldine : sage-femme on the web

Et vous? Que faites-vous pour les sages-femmes?

Sources : www.evenemonde.info 

www.ordre-sages-femmes.fr 

www.journee-mondiale.com

www.internationalmidwives.org

Une journée de garde avec une sage-femme

Une journée de garde avec une sage-femme

Cette semaine nous allons parler d’un instant de vie de sage-femme. L’ECHO DES SAGES-FEMMES a pour but de partager les idées, le métier, les fonctions de la sage-femme.

Et quoi de plus parlant que de passer une journée au coeur du métier de sage-femme.

Notre sage-femme du mois de février, Géraldine, a eu la gentillesse de m’accueillir dans son équipe de garde quelques mois après son interview. J’ai ainsi pu vivre pour vous, une garde de 12h dans une maternité de niveau 2B et plus précisément en salle de naissance.

J’avouerai que mon quotidien de chef d’entreprise qui enchaine beaucoup d’heures dans la semaine, beaucoup de difficulté, qui accumule beaucoup de fatigue et j’en passe, voici des rencontres qui me font relativiser que la vie est belle et qu’elle mérite qu’on se batte pour la rendre meilleur.

Voici un quotidien hors du commun pour nous mais une routine professionnelle bien rodée pour les sages-femmes… Une journée formidable m’attend, et je vais vous la raconter

°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°o°

Voilà, le rendez-vous est donné à 9h pour une garde de 12h non-stop!

Me voilà revêtue d’une blouse médicale sous les yeux un peu perplexe de l’équipe de Géraldine.

Attentive à l’équipe et au déroulement d’une relève de garde, je m’aperçois que le poste de soin est le lieu central de toute une équipe : 3 sages-femmes, 1 sage-femme étudiante ce jour là, 1 aide-soignante, 2 infirmières, 1 auxiliaire puériculture, 1 anesthésiste, 1 interne, 1 obstétricien, 1 pédiatre et 1 agent.

Toute la journée, je n’ai pas cessé de penser à mon expérience de futures mamans qui était en train d’accoucher : je me revoyais dans cette salle d’accouchement, tous ces allers et venues, des visites toutes les heures et de ce sourire toujours présent, une disponibilité à toute épreuve…

Voir les coulisses aujourd’hui, tout prenait du sens.

Chaque sage-femme s’occupe d’un certains nombre de patiente, qui n’a pas excédé 3 ce jour là. Elles sont réparties sur 9 salles de naissance.La journée est rythmée par un ballet de surveillance monito, examens, de réponse à des appels sans oublier les urgences extérieures, la gestion des chambres, la gestion des salles de naissance, la propreté des lieux.

6 salles de naissance étaient occupées à mon arrivée.

J’observais leur travail bien rodé…

Et le moment le plus naturel au monde arrive… Imprégnée de toute cette atmosphère professionnelle, me voilà au cœur de l’action. Un accouchement imminent se prépare, et on me propose d’y assister le plus simplement du monde.

Vite, je ne réfléchis pas, j’obéis…  je me nettoie bien les mains, je me munis d’un masque et je suis.

L’équipe sage-femme – étudiante sage-femme – infirmière m’intègrent dans la salle de naissance.

Ce fut un moment d’une douceur naturelle, une osmose entre femme, future maman et futur papa.

J’étais là, encourageant la future maman à pousser dès que la contraction arrivait ( bon mentalement car j’étais impressionnée et un peu tétanisée de peur d’être gauche, de dire une bêtise…), et cette émotion intense de voir le bébé, les larmes du papa et le soulagement de la maman, WOUAH, énorme!

Le bébé aussi : 4kg pour 53 cm!

Et assister à un accouchement unique où le bébé était encore dans sa poche des eaux qui a percé au moment de la sortie : PHÉNOMÉNAL! Ce sera un bébé chanceux selon la légende.

Un bébé en peau à peau avec la maman, les premiers soins dans la salle avec les parents, pleins de questions, le prénom, le papa qui berce ce petit être dans un confortable fauteuil… Ce trop plein d’émotion m’a forcé à sortir de la salle discrètement… Je ne voulais pas tomber dans les pommes tout de même!

Un moment incroyable, me voilà assise dans la salle de soin, observant le professionnalisme de l’équipe, une vie a commencé et la vie continue.

Beaucoup de paperasse à remplir pour un suivi optimum de chaque patient : je comprends mieux cette attente entre 2 visites lors de mon accouchement. Tout est répertorié dans les dossiers minutieusement. Mais ça passe tellement vite.

On mange ou on ne mange pas? Je n’y pensais plus quoique si.. c’est peut-être pour ça que j’ai commencé à voir les étoiles dans la salle d’accouchement.

Pas le temps de se dire qu’on prend sa pause déj’, un deuxième accouchement se profile.

Re-lavage des mains, je me re-munie d’un masque et c’est reparti!

C’est une autre sage-femme qui fait cet accouchement toujours avec l’étudiante sage-femme, que je trouve déjà très pro au passage.

En accompagnant la future maman qui était très émue de cette instant magique, un autre petit bout sort son nez : une fille cette fois-ci. Et un papa aux yeux larmoyant : même pour une 3eme fille, l’émotion est toujours aussi intense.

Cette fois, les soins se passe dans une autre salle… Je suis l’étudiante sage-femme, le bébé et le papa. On mesure, on pese, on soigne, on note bien son joli prénom… Et un papa qui ose à peine toucher sa fille : pudeur des papas qui ont peur de faire une gaffe. Ce bébé avait de très beaux yeux noirs en amande, c’était une très belle petite fille de 50cm pour plus de 3kg et son papa était très fière!

WOUAHOU! Et les sages-femmes vivent ça tous les jours!

On note, on échange nos impressions, on gère les futures mamans en attente, on rassure les femmes arrivées en urgence, on surveille celles qui sont en travail… et on mange quand même…

Je découvre un univers très humain dans ce milieu médical, ce poste de soin est la machine à café de nos entreprises.Un beau travail d’équipe entre sage-femme/infirmière/aide-soignante et une belle cohésion avec les médecins et anesthésiste.

Je comprends mieux certains freins à améliorer les services en maternité. Je comprends l’enjeu que nous avons Femme à faire améliorer les conditions de travail de la sage-femme mais aussi les conditions de suivi pré et post-natal… C’est aussi à nous, Femme, de faire force de proposition, de faire une pression pour imposer des services : s’il y a de la demande, il y aura l’offre et non l’inverse… Mais refermons la parenthèse…

J’observe que l’équipe passe au moins 1heure avec le nouveau-né, et les 2 heures d’observation de la maman passe très vite.

17h30 : il faut gérer l’arrivée d’une maman qui est transférée pour un rapprochement Mère-Enfant. Une sage-femme gère les examens d’entrée, l’organisation de la chambre, et essaie de décrypter le dossier médical de l’autre hôpital.

Un afflux de nouvelles futures mamans arrivent en parallèles. L’anesthésiste s’affaire et répond au mieux aux demandes de péridurale.

La journée se termine… presque… Les salles de naissance se sont bien remplies : 4 accouchements sont prévus pour la nuit, une future maman en observation et une grossesse difficile ( prévue pour juin ) vient d’être admise.

Tout est bien préparé, toutes les instructions sont bien transmises, l’équipe est relayée.

Quand je pars, un bébé est sur le point de naitre… Mais c’est pour la prochaine équipe de garde.

Et la vie continue! Et commence pour certains…

À la découverte des idées de sage-femme.

À la découverte des idées de sage-femme.

Martine, notre sage-femme du mois, met les projecteur sur 3 causes à soutenir et/ou à connaitre parmi tout ce qui lui tient à coeur… Avec un bonus pour la fin…

°o- D’une part, la psychanalyse et sa transmission : qu’est-ce que c’est?

orientation lacanienneElle nous oriente vers le site de psychanalyse en Normandie d’orientation Lacanienne. Cela s’adresse plus aux cliniciens pour la formation  mais concrètement pour nous, ces praticiens donnent au langage une grande importance.

Logique me diriez vous, et bien non. Lacan a montré que le langage avait une place importante : cela ordonne le rapport avec le monde et soi. Selon lui, le fait d’apprendre à parler nous coupe dans un sens du monde. C’est la théorie des 3 ordres : Le réel (L’écho de “lalangue”, sa sonorité ), le symbolique ( les valeurs attribuée aux mots que nous avons dans ce monde ) et l’imaginaire ( le corps et sa perception ).

Ce travail est important quand cela touche l’enfant : lorsqu’il fait la différence entre l’image et sa représentation : il désigne l’objet qui pourtant ne l’est pas…

Je sens que je perd des lecteurs dans ce raisonnement entre psychanalyse et philosophique ( et pourtant je suis allée à l’essentiel! ), mais très utile pour le praticien qui est en face de vous et qui vous écoute!

Plus de renseignements sur le site : www.psychanalyse-normandie.fr

°o- Autre coup de projecteur : l’association Les Habilleuses.

Un joli nom pour une noble cause que l’on ne soupçonne pas leur existence et pourtant très utile!

C’est une association qui crée et recycle des accessoires et des habits pour les adapter aux personnes en situation d’handicap.

Le premier article du blog est apparu en avril 2011. Comme il est si bien dit dans ce premier article, leurs objectifs sont :

- Rechercher et le développer des vêtements et des accessoires répondant aux problématiques des personnes à mobilité réduite.

- Promouvoir et diffuser les créations en participant ou en créant des animations incluant des personnes à mobilité réduite.

- Créer un lien social à travers le textile.

- Étudier pour trouver le meilleur moyen adapté à la production et la commercialisation d’une ligne de vêtements en faveur de l’emploi des femmes en difficulté.

Et ce beau projet a réussi récemment à organiser un défilé fin mars qui a reçu un accueil très chaleureux!

Allez les soutenir sur : leshabilleuses.over-blog.com

°o- Et pour finir, Osez le féminisme est un réseau né en 2009 grâce à des militants qui ont soutenu la défense du mouvement français pour le planning familial .

association féministeIls luttent contre les violences sexistes, le droit de disposer de son corps ( IVG ), l’égalité des sexes dans la sphère privée, contre les stéréotypes homme-femme, contre la discrimination des femmes, pour soutenir la condition féminine dans le monde.

Un large programme, mais c’est avec eux que nous avançons pas à pas pour faire respecter les lois, les créer ou les changer!

Soutenez-les : www.osezlefeminisme.fr

°o-  BONUS : Martine ne peut laisser passer l’occasion de vous faire partager aussi le projet où les cultures du MOT et de la nature se rejoignent : Claire Desmares ( fille de notre sage-femme du mois,) et Adrien Poirrier lance un projet superbe MICAMOT à Sixt sur Aff (sud Bretagne ).

Association bretagne

Ils se lancent dans une autre façon de protéger notre nature et ils sont soucieux de donner des soins au corps dans le respect de la culture biologique : ils produiront des plantes aromatiques et médicinales.

Par ailleurs un café librairie en coopérative sera un lieu où des rencontres et des échanges apporteront à cette région (35) un nouveau lieu de culture du livre. Souhaitons leur bonne chance Si vous passez en forêt de Brocéliande, faîtes un saut chez eux : une belle initiative ce mélange de culture intellectuelle et de culture BIO.

Découvrez leur blog : http://micamot.wordpress.com/

 

Avec toutes ces adresses, à vous de faire avancer les choses : en parler à votre tour et y adhérer en les aidant! MERCI pour ces belles découvertes!

Interview du mois d’avril

Interview du mois d’avril

temoignage sage-femme

°o°o-  Bonjour, voici un nouveau mois et notre nouvelle interview. Présentez-vous à tous nos lecteurs :

°Oo- Mon nom est Martine D., j’ai 55 ans, je suis mariée et je vis dans la campagne proche du Pays de caux en Haute Normandie. Nous avons eu  deux grands enfants Claire et Vincent, qui sont créatifs et nous surprennent chaque jour par leurs projets.
Née en Touraine, je suis arrivée tout bébé en Normandie, car mon père qui naviguait sur les paquebots vers l’Amérique du Sud avait Le Havre comme port d’attache. J’ai une sœur aînée  qui est retournée vers cette terre des Châteaux de la Loire. Moi je garde un grand attachement pour cette belle ville du Havre, Patrimoine de l’humanité et la mer où chaque jour les couchers de soleil inouïs nous transportent vers de lointains rivages !

°o°o- Votre métier de sage-femme, est-il une vocation ou un hasard de la vie?

°Oo- J’ai sûrement eu très tôt le goût de communiquer, un certain enthousiasme à partager et à transmettre.
C’est en cours de biologie, alors que je me destinais à devenir assistante sociale, qu’un professeur passionné m’a fait découvrir, l’embryologie, la naissance et  la maternité !
C’était à cette époque l’arrivée du film « les premiers jours de la vie », et nous avions préparé une exposition, des débats autour de la projection.
Je finis de me décider, après avoir assisté bouleversée à une naissance à la maternité du Havre. Une sage femme chaleureuse, une maman ravie de se proposer pour m’aider à découvrir ce moment unique, et tellement intime où les parents accueillent leur bébé. C’était sûre, en rentrant j’ai annoncé à ma famille : «  C’est ça que je veux faire ! »  
La filière F8 que j’avais choisi par goût des sciences et techniques médico-sociales à l’époque, n’offrait pas le maximum de chance pour ce concours. Je me suis donc attelée à préparer seule ce concours avec la volonté farouche de réussir pour entrer à l’école de sage femme de Rouen.

Dans cette école, un internat nous accueillait. Nous étions une promotion soudée, avec de nombreuses internes.  Souffrant un peu de l’éloignement familial au début, nous étions décidées à nous battre pour être traitées respectueusement.
Nos soirées entre études, rigolades, et crise de larmes se terminaient souvent avec un moment de danse endiablée pour défouler  énergie, colère et tensions. Plusieurs d’entre nous ont d’ailleurs rencontré leur mari dans cette période où une piste de  danse servait d’exutoire aux maltraitances des années d’étude.
Déléguée de promotion, je soulevais déjà les injustices avec quelques collègues : il nous fallut obtenir le « droit de sortie », la possibilité de ne pas faire de partiels en descente de garde.  Nous avions acquis la mise en place de quelques jours de formations pratiques pour les promotions suivantes, car arriver du lycée et se retrouver en Gériatrie ou en Chirurgie sans aucune expérience préalable, nous laissa à toutes des souvenirs impérissables !
A l’époque certaines infirmières exploitaient  nos compétences acquises au plus vite.  
Pour leur service, l’étudiante sage-femme présentait des qualités de formation sur le mode « express » !
Mais tout apprendre sur le terrain, laisse aussi des failles et découvrir la péremption des médicaments quelques mois après leur utilisation, cela laisse rêveur !

°o°o- Wouahou! Quel parcours! De belles rencontres pour devenir sage-femme!… Avez-vous une particularité qui vous rend unique?

°Oo- Ce qui me rend unique ! Une certaine combativité.
Mais assurément nous le sommes tous, Unique en un genre ! C’est le combat qui est le mien, dans la rencontre que je fais en entretien prénatal précoce : repérer chez chaque patiente ce qui la spécifie et à partir de la formulation qu’elle fait de son désir, ce qui la rend  Unique.  Qui est –elle ?
Je crois que je suis un peu comme « passeur de désir ». Je suis une grande bavarde mais j’ai appris aussi à écouter le sujet parlant…celui que la psychanalyse appelle le parlêtre.  J’accompagne, comme un compagnonnage le passage d’une rive à l’autre. Une jeune femme bouleversée, dont le corps se transforme, qui naît à sa place de mère en même temps qu’est ébranlée sa position de femme. Elle a du mal à laisser le rivage maternel où s’ancrait sa vie d’enfant. Elle a un peu peur de regarder devant, un peu nostalgique de laisser ce qu’il y a derrière. Oui plus rien ne sera pareil ! Cette transmission ne se fait pas assez  dans nos cultures. La maternité n’est pas un long fleuve tranquille
Qui peut croire que la création d’un enfant réalise la femme ? Je crois qu’il est bien difficile d’atteindre une  harmonie postiche (référence à l’allocution sur les psychoses de l’enfant texte de Lacan dans Les Autres écrits  édition du Seuil ), Lacan y dénonce le rôle des sages femmes à soutenir cette croyance ! Ainsi, croire au prince charmant, au père Noël et au père Fouettard, doit un jour cesser de nous encombrer !
Alors, apporter un brin de lucidité qui ne soit pas morose est peut-être ce qui rend originale la rencontre que je fais avec les parents en maternité. Un brin clown, avec un verbe comique parfois un peu « vert », j’accroche les pères dans ce projet extraordinaire : les soutenir dans leur parole, les faire exister au côté de leur partenaire, là où le corps médical les a si souvent oubliés.
Ce qui est Unique c’est ma croyance en la psychanalyse et ses effets thérapeutiques. Celle qui pari sur le sujet de l’inconscient ! Pas un sujet qui connaît la vérité mais un sujet qui est marqué par les surprises ! Autour du désir d’enfant, personne n’est  laissé tranquille : l’homme recule ou fuit, la femme est empêchée d’ovuler ou de jouissance, privée d’enfant, ou arrachée à un vœu de maternité naissant. Et puis ça parle : lapsus et ça se remémore les fantômes de la famille, le poids des mots qui devient maux, ça rêve ou plutôt ça cauchemarde autour des fils perdus, des filles gavées, des mystères de la pulsion, du sein et de ses représentations !

°o°o- Toute maman rêverait de rencontrer une telle sage-femme! Expliquez-nous comment vous en êtes venue à cette philosophie.
°Oo- Après de nombreuses années en salle de naissance et en service de grossesses pathologiques, après avoir exploré toutes les facettes de notre profession dans le cadre d’une maternité privée, puis de l’hôpital public, j’ai accentué peu à peu mon investissement vers la préparation à la naissance. J’ai participé avec plusieurs collègues à faire vivre des projets d’humanisation dans la maternité du Havre où je travaillais.
J’ai voulu soutenir le désir de chaque couple et le droit à une naissance respectée…des parents d’abord, pour qu’un enfant advienne au creux de ce désir ! Je suis entrée en résistance contre l’évaluation qui au lieu de permettre la valorisation de notre activité de prévention, est venue ravalée les rencontres singulières avec chaque parent : une mère en devenir et un père en devenir, ne sont pas des numéros qu’il faut traiter au plus vite et réexpédier à peu de frais.  En saisissant les données informatiques nous avons participé à la fermeture des maternités, donné les outils aux politiques pour réduire l’offre de soins publics, fermer aussi les centres d’IVG. Des discours politiques se contredisent joyeusement  dénonçant les grossesses des mineures et coupant les vivres au planning familial ou fermant les lieux qui les accueillent pour contraception et IVG.
Là où je privilégiais le dialogue et la prévention, on nous demandait d’aller toujours plus vite ! Je me suis opposée fermement à réduire la durée des consultations en cochant des cases sur l’ordinateur. Nous étions plusieurs « mordues de la physiologie », à résister aux déclenchements de convenance, à la péridurale systématique, voyant déjà se dessiner dans le privé la pente à la consommation d’actes : plus de péridurales, plus de déclenchements, plus de forceps, plus d’épisiotomies, plus de dyspareunies…Ainsi j’écrivais un jour un petit pamphlet sur la TANA…Tarification à la NON activité à la gloire des sages femmes !

Evaluation du risque

Notre profession est au carrefour de la rencontre entre parents et enfants, mais c’est aussi pour les femmes une expérience corporelle bouleversante. Faire respecter le NON ACTE, c’est respecter leur corps et leur choix ; les préparer à assumer les aléas de ce parcours parfois chaotique ont toujours été mes leitmotivs ! Ma vie professionnelle m’a aussi amené des révoltes contre la domination des professionnels sur le corps des femmes… et là point de genre, point de sollicitudes féminines. J’ai éprouvé beaucoup de désarroi à me confronter aux maltraitances dans les institutions. Pourquoi donc ce versant sadique du corps médical surgit il, par moment, soit dans les paroles discriminatoires, soit dans des gestes intrusifs ! La ségrégation était latente, pas de préparation proposée aux femmes étrangères, rarement des péridurales, puis ce fût la césarienne sous Rachi pour laquelle nous nous sommes battues quand l’Anesthésie générale semblait plus simple ! C’était avant les droits du patient ! Nous avons eu la chance de rencontrer les interprètes médiatrices et une femme formidable Nafi Fall qui a participé à la création du GAMS (Groupe contre les mutilations sexuelles des femmes)  au Havre  et à l’intégration des femmes africaines : alphabétisation, informations sur contraception, lutte contre les mariages forcés et l’excision. Nous avons étendu l’information et la préparation à la naissance. Nous avons  appris à parler avec les pères et les imams quand devant la mort d’un enfant, ou la décision de poursuivre une grossesse sur le dépistage d’une malformation nous inspirait crainte et incompréhension.
Oui la singularité d’une rencontre nous permet de respecter une jeune mineure qui s’oppose à la volonté de ses parents d’interrompre une grossesse. A concevoir qu’un abandon apparaît la seule solution vivable à une femme bafouée, que le placement d’un enfant peut se préparer avec des parents si gravement démunis et pris dans un impossible, que seuls  un traitement psychiatrique et parfois la protection de l’enfant confiée à un tiers, peut apaiser. En se faisant partenaire de la femme ou du couple chacune de ces situations préoccupantes prendra une autre tournure. Notre seul but se faire partenaire du couple pour trouver leur solution UNIQUE, pour accéder à cette parentalité si complexe.

°o°o- Quel est votre plus beau souvenir ou votre grande fierté?

°Oo- Je ne saurais raconter les multiples moments d’émotion et les nombreuses naissances qui ont illuminées mes années de travail. Ce qui est sûre c’est qu’en 2000, le chef de service de néonatologie actuel, le DR Bruel, nous entraîna dans le projet d’un film « un séjour en néonatologie ». Il s’agissait de présenter aux parents les situations de transfert et de les aider à se préparer au choc de la séparation. Je me suis investie dans ce projet, forte des nombreuses expériences racontées en préparation, et j’ai rédigé le scénario. Présenté au FILMED en  2000 au festival international du film médical, le film reçu deux prix, le premier prix du film pédiatrique et le prix spécial humanitaire du jury. Tous ceux qui ont préparé ce projet étaient heureux de la réalisation finale, que je continue de présenter et que je recommande toujours aux parents. Il restera inaltérable car il témoigne du vécu des parents et des professionnels, en mettant en avant les compétences du bébé.

Lien du film : service Femme-mere-enfant

Puis en 2004 la maternité du Havre était reconnue par Famili première maternité de France plébiscitée par les parents ! Je dois dire qu’avec toute l’énergie mise pour de nombreux projets autour des positions d’accouchement, de l’allaitement, de la présentation des enfants sans vie, de l’acupuncture,  de la préparation pour mineures, ce fût donc une sérieuse récompense.
Puis l’annonce de la réunion des deux maternités havraises sur le site Monod se préparait, et j’ai pu apporter le témoignage du travail personnalisé à partir de l’entretien prénatal parental, dans un projet culturel soutenu par l’ARH ( ARS actuel ) intitulé « mémoire de Flaubert ». Projet  en trois parties, nous avons transcrit avec Françoise Edmonde Morin, écrivain, un document préparatoire à la réunion des deux maternités. Il s’agissait de recueillir les parcours de parents accompagnés sur la maternité Flaubert niveau III du centre ville et de redonner des suggestions pour créer à Monod futur lieu de réunification du Pôle Pavillon Femme Mère et Enfant, un lieu qui garde la force humaine de l’expérience née à Flaubert. A partir de ce document une présentation théâtrale eut  lieu dans le hall de l’hôpital Monod, et un film à partir d’une rencontre avec les grands-mères des pavillons de gériatrie invitées à témoigner de leurs expériences « Né au Havre » au moment de la guerre.
Participer à écrire la mémoire de la naissance au Havre, dans ce contexte fût un grand moment d’émotion, qui retrace toute une part des collaborations qui jalonnent ma carrière. Laisser films et écrits qui fixent pour la transmission l’expérience de cette maternité très innovante, m’a apporté beaucoup de satisfaction et c’est un excellent souvenir de partage avec les couples et jeunes femmes qui m’ont fait confiance pour participer à ce projet.
Etre créatif pour passer les messages aux parents, aux familles, visiter la maternité ou permettre d’apprivoiser le lieu de naissance ou d’hospitalisation : visite de l’hopital du Havre
Aujourd’hui les témoignages des parents sont réjouissants et donnent l’impression que tout converge au Pavillon Femme Mère  Enfant de Montivilliers à entourer au mieux la venue des enfants. Nous les recueillons chaque semaine à la maternité, dans un groupe post natal, qui est le fruit de la collaboration entre pédopsychiatrie et maternité. Rompre l’isolement et entendre la parole des parents qui ont rencontré difficultés ou déceptions. Réfléchir à partir de leurs expériences aux façons de faire évoluer les pratiques des équipes, un combat de tous les jours !
Ce souci de mémoire reste pour moi une question constante, car ma pratique orientée par la psychanalyse peut se perdre si aucune collègue ne peut reprendre le flambeau à l’heure de ma retraite qui approche.  Je suis déjà en train de travailler dans un but de formation dans les instituts de formation et dans une association de formation de développement professionnel (DPC) pour redonner mon expérience sur l’entretien parental précoce.

°o°o- Quelle est la chose la plus insolite que vous avez vu? Ou même fait…

°Oo- Insolite… non ahurissante !!!
C’est ma mise en examen au tribunal pénal dans une situation de rupture utérine…
J’ai sauvé beaucoup de bébés et je n’ai jamais attendu de médaille pour cela.
C’était un soulagement chaque fois que sentant un danger surgir, l’action collective de toute une équipe, permettait de récupérer par un cheveu une situation périlleuse. Mais quand on ne parvient pas à éviter le pire et l’inacceptable, il est terrifiant pour un professionnel de se trouver mis en cause comme un voleur, pour une situation qui lui échappe humainement.
Devant la justice cette profession est reconnue MEDICALE ET AUTONOME, alors que partout ailleurs nous souffrons d’un manque de reconnaissance.
OUI nous sommes responsables de nos choix, de nos gestes et de nos actes, mais à l’impossible nul n’est tenue et quand la défense soutient que la sage femme ou le médecin doit rester en permanence auprès de la patiente qui présente une pathologie, je redoute l’avenir pour mes collègues, toujours plus surchargées de travail !
Devoir répondre pour une situation que l’on juge injuste et impossible à éviter, est vraiment une expérience très dure. D’autant que plusieurs expertises contradictoires font durer  les choses : dix ans dans mon cas.
Un grand moment de solitude éprouvée, mais encore plus de hargne et de colère pour lutter contre les injustices, les effectifs réduits, et les décisions souvent dangereuses qui sont imputées aux équipes et les mettent en danger.
Depuis je me suis engagée syndicalement pour la défense des professionnels et des usagers. Que chacun connaisse la loi, les droits du patient, les limites de compétences et les exigences de rigueur que l’expertise d’un dossier nécessite.
Oui ce métier passionnant est un vrai bonheur mais on ne doit jamais perdre de vue le caractère très important des responsabilités qui nous incombent. La vie au bout des doigts, mais les femmes  superstitieuses disaient aussi autrefois : « un pied dans la tombe » !

°o°o- Que conseillez-vous pour remplir la valise de maternité de bébé? Car c’est un casse-tête pour les futures mamans!

°Oo- Je consacre la deuxième rencontre de préparation à la naissance et à la parentalité à organiser ce projet. Evoquant d’abord les transformations du corps qui préparent à la naissance, les exercices dos et périnée pour la grossesse, je rejoins le projet de se préparer au grand jour.
Prête au moins un mois à l’avance pour éviter les effets de surprise, nous déclinons tous les petits détails :
Pour préparer la chambre et le couchage prêtant attention aux produits chimiques dangereux
Pensez à une petite valise ou sac pour la salle de naissance.
Penser à amener les papiers : Carte de groupe sanguin, reconnaissance anticipée, livret de famille, carte vitale et de mutuelle, pièce d’identité ou passeport, enfin tous les examens, et échographies, scanner du bassin si fait pendant une grossesse, radio du dos si scoliose
Si à jeun pour césarienne : ni boire, ni manger, ni fumer, penser aux bas de contentions, possibilité d’amener son corpomed pour confort ou/et allaitement, brumisateur.
Pour le papa bouteille d’eau, pièce de 2 euros pour vestiaire, biscuits ou barres de céréales.
Jeux : livres, mots croisés, Sudoku, lecteur DVD ou lecteur MP3, penser à scrabble ou autre jeu.
Pour salle d’attente prévoir peignoir  et draps de bains /douches pour les parents.
Prévoir une grosse valise pour le séjour! Guide telechargeable (Le guide des cosmétiques est à éviter !)
Prévoir suffisamment de body manches longues 1 mois, 7/8  pyjamas manches longues en coton ( ou coton bio ), chaussons, chaussettes, sorties de bains, savon doux d’Alep (éponge végétale possible), sorties de bain et serviettes, bavoirs larges.
Et pour la maman, prévoir le soutien gorge d’allaitement  de bonne profondeur ( attention à la baleine…), coussinets cotons ou autre coquille d’allaitement si besoin, crème Purelan de Lansinoh ou castor équi, de nombreux T-shirt  longs ou court, savon intime Ph adapté aux soins répétés, slip simples ou jetables ( mais nombreux ), affaires de toilette, kleenex, stylo.
A utiliser pour mémoire, le guide INPES allaitement.
A re-noter les liens des associations solidarilait 76, maternetlait et allaitementn’caux et les consultantes en lactations nombreux au Havre (2 sages femmes, 2  puéricultrices, 2 éducatrices jeunes enfants et deux médecins : sacrés veinardes les mamans du Havre !) ( Guide telechargeable )

°o°o- Avez-vous une cause qui vous tienne à coeur?

°Oo- La psychanalyse et sa transmission, les habilleuses, « Osez le féminisme » et  transmettre sur la profession de sage femme en défendant syndicalement, professionnellement et quotidiennement cette cause sur les réseaux sociaux.

°o°o- Nous développerons ces sujets la semaine prochaine… Et pour finir, quel est le meilleur soap médical américain que vous adorez?

°Oo- Là je ne peux répondre car je m’éteins plutôt devant la « soupe «  et les « Soap » à la télévision ! Revoir les séries cultes « Nounou d’enfer », « Les Shadocks », « Belphégor » m’apporte un certain plaisir, ainsi que opéra  «  Carmen » et comédie musicale «  West side story » !
Je suis plutôt fan de concert DVD, France Gall, Bruce Springsteen, Woodstock ou Santana me font passer des soirées endiablées comme au bon vieux temps. Comme les voix et musiques traversent le temps je continuerais de revoir Bodyguard  (Salut Whitney !) et Harold et Maud inlassablement ! Retrouver avec plaisir Cat Stevens ou le Boléro de Ravel, ou de bouger avec Gilberto Gil et Kassav !
Merci de m’avoir invité à témoigner.

Merci à vous pour ce témoignage passionnant et très complet. Un plaisir de vous connaitre. La suite, la semaine prochaine!

Mère à plus de 40 ans…

Mère à plus de 40 ans…

… Est-ce raisonnable?

Au point de vue éthique, la France a une loi sur la bioéthique qui apporte une définition précise sur les modalités et les critères à autoriser les techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP). La loi française autorise les AMP auprès des couples mariés de plus de 2 ans infertiles qui sont en age de procréer ( et hétérosexuel… mais là, c’est un autre débat…).

On compte plus de 50 000 tentatives d’insémination pour plus de 6 000 naissances!

Le parcours est très dur pour ces couples en quête de parentalité.

Lien d’un article résumant bien les avancés mais aussi les freins de cette loi : www.vie-publique.fr/bioethique-vers-revision-minima-loi.html

Alors, pourquoi on voit dans la presse des mères accouchant à plus de 60ans?

Rappelez-vous de cette française de 59 ans qui a accouché de triplé en 2008 : elle a eu un don à l’étranger! Cette même année une indienne ( décidément : 11 bébés en Inde ) de 70 ans accoucha de jumeaux en Inde. ( Source Figaro )

Et récemment, une femme suisse de 66 ans accouche de jumeaux au début du mois de mars, mais elle a eu une insémination artificielle dans un autre pays. ( Source Le Point )

Outre le fait que la maman est âgée ( son enfant à 20ans, elle en aura plus de 75 ), outre la fatigue que donne un enfant pour qu’il se règle en douceur à la vie ( faire ses nuits, les biberons, lessives, présence, jeux etc… ), outre la solitude d’être mère seule ou accompagné (déprime etc…), outre la joie de connaitre la maternité et d’enfanter ( quoique par césarienne en général ) etc…  Ces grossesses sont des grossesses à risque pour le bébé et pour la future mère!

Certes, avec une grossesse tardive bien suivie, on minimise les risques mais la science ne résout pas toutes les envies dans la majorité des cas : faisons attention à cette médiatisation qui miroite l’extase et qui finalement se traduit en échec.

Une mode… plutôt un fait de société d’être mère à 40ans et +, relayé par nos stars et people, n’est pas anodin du tout! Sans oublier la condition féminine dans le monde du travail qui stagne aux années 60.

Les chances d’avoir un enfant après 40ans est de 1 sur 12 ( vous avez UNE CHANCE dans l’année à être enceinte et il faut que ça soit le jour du calin!) et après 45ans on est sur des statistiques quasi nulles….

35% des femmes de 40ans qui souhaitent avoir un enfant y parviendront, alors qu’à 30 ans, les statistiques montent à 90%!

Continuer en énumérant les risques de santé, mal-formation, examens supplémentaires, cela n’avancera en rien, ni de lister la fatigue port-accouchement, baby-blues, burn-out qui peuvent mettre aux oubliettes la carriere professionnelle que l’on s’est construite jusqu’à 40ans, cela choquerait!

( je sens des lectrices monter au créneau pour me démontrer que c’est formidable d’avoir un enfant sur le tard… Oui je vous vois…)

Les plus belles années d’une femme, c’est à partir de 40ans : bien dans sa peau, installée financièrement, elle sait ce qu’elle veut, n’allons pas dans des clichés BO.BO…. mais presque…

Et plaçons nous du coté de la sage-femme un instant :  elle est en général votre interlocutrice durant la grossesse, pendant tout le travail jusqu’à la sortie de bébé…

- …ah ben non, grossesse à risque, c’est votre gynéco qui vous accompagnera…

- …ah ben non, vous devez faire tel examen, et celui-là aussi… Ne mangez pas trop de sucre… Ne faites pas d’effort…

- …ah ben non… c’est une césarienne que vous aurez…( cas de plus de 50% des mères de plus de 40ans )…

( Source et plus de chiffres sur le site ICIS, etude canadienne )

Si une complication arrive lors d’un accouchement, la faute ne reviendra jamais à la mère de plus de 40 ans… La plainte se déposera contre l’équipe qui a espéré réaliser votre souhait de maternité. ( ANSFL : responsabilité civile professionnelle )

On médicalisera au maximum votre grossesse pour être sure que tout se passe bien et éviter la prématurité du nourrisson ( concerne 1 femme sur 9 )

Bref, être mère quand on veut OUI mais en toute conscience de la difficulté de l’être sur le tard.

Et du coté des hommes? Ils sont réputés fertiles même à 60ans, mais est-ce une légende urbaine?… Même si leurs spermatozoïdes sont performants, ils restent tout de moins moins fertiles après 40 ans.

( source article du France Soir )

Beaucoup d’interrogation sur cette utilité de devenir parents tard, dubitative sur l’utilité de la science de multiplier les exploits.

Par contre, je suis pour le débat, je ne suis pas parole d’évangile ( ni d’autres livres), j’apporte une vision néophyte avec une soif d’apprendre!

Alors, quels sont vos avis sur cette maternité tardive?…. Attention, chiffres à la clé, pas d’extrapolation!

Sage-femme et contraception : le saviez-vous?

Sage-femme et contraception : le saviez-vous?

Ce mois-ci, notre sage-femme du mois de mars, Lucie, met les projecteurs sur le rôle des sages-femmes dans le suivi gynécologique de la femme non enceinte : un sujet apparemment simple mais essentiel dans notre vie de femme!

EN QUOI LA SAGE-FEMME PEUT NOUS AIDER?

Depuis 2004, les sages-femmes ont le droit de prescrire un contraceptif dans les suites de couches après l’examen suite à l’accouchement ou suite à une IVG.

contraception-sage-femme

Suit en 2009 une loi ( la loi H.P.S.T du 21 juillet 2009 ), qui autorise la sage-femme à réaliser des suivis gynécologiques de prévention et de contraception pour toute femme en bonne santé ( si doute d’une maladie, la sage-femme redirige la patiente vers le docteur concerné ).

Loi H.P.S.T du 21 juillet 2009 www.legifrance.gouv.fr loi n°2009-879 article L.4151-1 du Code de la santé publique modifié par la loi n°2011-814 du 7 juillet 2011 – art. 38 et loi n°2009-879 article L.5134-1 du Code de la santé publique.

QUELS SONT LES FREINS?

Les sages-femmes ont les diplômes universitaires nécessaires et de nombreuses formations leurs sont accessibles pour le suivi gynécologique ( sexualité et IVG combinés ). Depuis cette loi, les études de sage-femme ont de suite changé leur programme pour que les étudiantes soient formées à faire ce suivi. 

Cependant, l’information n’a pas réussi à descendre vers la population depuis 2009!

Cette loi a pour but de réduire les dépenses de santé… Cependant, le médecin traitant reste toujours présent dans le suivi médical notamment pour le suivi des examens biologiques, donc pas de franche réduction à l’horizon… Aujourd’hui, la sage-femme peut assurer la TOTALITÉ DU SUIVI MÉDICAL ET BIOLOGIQUE : une belle avancée!

N’oublions pas que suite à une IVG, rares sont les sages-femmes qui réalisent un suivi : c’est souvent le rôle du gynécologue-obstétricien. Les sages-femmes sont peut-etre plus à même de faire ce suivi post-IVG et aborder tout le domaine contraceptif.

Ce développement ne vient pas forcément du manque de formation ( et d’information ) mais de la structure où la sage-femme exerce. Car dans des cliniques privées ou dans certaines maternités, c’est l’obstétricien qui tient ce rôle… Et du coup, l’image de la sage-femme qui fait QUE accoucher perdure…Il faut que l’information arrive à redescendre à la base de la pyramide!

C’est un très gros frein pour le métier car très peu de femmes et d’adolescentes savent que les sages-femmes sont tout à fait aptes à les suivre dans le domaine gynécologique.

La sage-femme est très réactive à s’adapter mais le message met longtemps à passer auprès des autres professionnels de santé.

DES SOLUTIONS?

Il existe un diplôme universitaire contraception pour connaître tous les procédés de contraception, savoir comment les proposer, les prescrire, les délivrer et en connaître les contre-indications.

Cependant, il manquera toujours une campagne d’information des sages-femmes pour expliquer cette compétence particulière mais essentiel à la Femme auprès de tous mais aussi dans le milieu médical.

Sachez, mesdames, que votre sage-femme est totalement habilitée à vous suivre et effectuer les examens nécessaires (frottis, bilan sanguin etc), à vous conseiller et prescrire votre choix contraceptif… Vous pouvez bousculer l’ordre établi pour faire avancer les choses et insister sur ces questions importantes : c’est notre liberté de Femme!

POURQUOI EST-CE IMPORTANT POUR MOI?

Quand nous sommes en bonne santé, que nous avons besoin d’intimité, qu’une question importante mais personnelle nous turlupine… mais que notre gynéco nous donne un rendez-vous dans 2 mois ou que nous sommes gênées face à notre gynéco familial… une sage-femme est une très bonne solution pour ce suivi.

Maintenant, c’est à vous de jouer!

Interview du mois de mars

Interview du mois de mars

temoignage sage-femme

Voilà une nouvelle interview sur L’écho des sages-femmes, une nouvelle belle découverte à suivre tout le long du mois!

Et voici notre sage-femme du mois de mars :

°o°o-  Bonjour, vous commencez l’année 2012 sur notre blog, présentez-vous à nos chers lecteurs :

°Oo- Bonjour, Je m’appelle Lucie, j’ai 24 ans et je suis sage-femme depuis presque 2 ans.

°o°o- Votre métier, est-il une vocation ou un hasard de la vie?

°Oo- Les deux : ça a d’abord été un hasard de la vie car je m’y suis intéressée « par hasard » au collège où j’avais fait un cheminement en voulant faire infirmière puis pédiatre et enfin sage-femme, je me suis alors constituée un petit classeur avec des infos de ce métier. C’est ensuite que c’est devenu une vraie vocation au fur et à mesure des stages et expériences professionnelles.

°o°o- Avez-vous une particularité qui vous rend unique?

°Oo- Moi, personnellement, je ne sais pas. Mais par contre je préfère généraliser aux sages-femmes, car en effet je crois dur comme fer au fait que les sages-femmes ont une (et même plusieurs) particularité(s) qui les rend vraiment uniques.
On entend très souvent beaucoup de compliments par les patientes sur les sages-femmes, que se sont « leurs petits anges gardiens ».  Nous avons toutes ce petit quelque chose qui nous rend si proches de nos patientes/ des couples. (Après il peut y avoir quelques exceptions, mais c’est comme partout !).

°o°o- Quel est votre plus beau souvenir ou votre grande fierté?

°Oo- J’ai beaucoup de beaux souvenirs, des accouchements magnifiques ou même difficiles où l’on partage énormément avec les parents et où l’on garde des liens très fort. Recevoir des mails des parents avec des photos de leur bébé qui grandit au fil des mois, c’est vraiment génial.
Pour ce qui est d’une grande fierté, mes stages au Maroc ont été une expérience inoubliable et ils ont indéniablement contribué à me renforcer émotionnellement. Ils m’auront marquée pour toujours.


°o°o- Quelle est la chose la plus insolite que vous avez vu? Ou même fait…

°Oo- L’insolite est quasiment le quotidien de la sage-femme, que ce soit par les prénoms donnés, par les situations rencontrées du fait des différentes personnalités des couples.

°o°o- Que conseillez-vous pour remplir la valise de maternité de bébé? Car c’est un casse-tête pour les futures mamans!

°Oo- Je pense qu’elles doivent se faire confiance et prendre ce qu’elles estiment utile pour elle et leur bébé. Après il ne faut pas se compliquer et prendre le basique : de quoi habiller bébé, pour le matériel souvent les maternités proposent un pack avec les couches, les produits etc…
Mais rien ne vous empêche de prendre vos propres produits qui cependant doivent rester très simples : les lingettes ne sont pas indispensables, parfois pour nettoyer le siège de bébé de l’eau et du savon suffisent ! (le liniment à beaucoup de succès également). Un coussin d’allaitement peut être très utile pour se positionner lors de l’allaitement.
Pour la maman : prendre des tenues con-for-tables et cela va de la petite culotte  au reste de la tenue. Sans oublier du savon pour l’hygiène intime.


°o°o- Avez-vous une cause qui vous tienne à coeur?

°Oo- Ce qui m’inquiète particulièrement, c’est de voir à quel point notre métier est en fait si peu connu du grand public et même de nos confrères médicaux et paramédicaux.
Cela engendre des malentendus et des débats mal fondés avec les médecins sur le sujet de l’augmentation du tarif des consultations de sages-femmes et avec les kinés sur le sujet de la rééducation périnéale. J’estime que nous avons chacun notre place et notre complémentarité est réelle, c’est comme cela que je vois ma pratique de sage-femme.
Autre point important : notre rôle dans le suivi gynécologique de la femme non enceinte fait que nous avons tout à fait notre place auprès des jeunes filles pour les conseiller et les accompagner dans leur accès à la contraception.
J’ai eu l’occasion de me former et de passer un certificat universitaire de contraception l’année dernière et avec les statistiques effarantes d’IVG chez les mineures, il y a beaucoup de travail à faire en s’alliant avec les médecins gynéco, généraliste et de PMI.
Cependant, comme souvent, nous sommes oubliées dans les campagnes de sensibilisation.

°o°o- Et pour finir, quel est le meilleur soap médical américain que vous adorez?

°Oo- Sans hésitation Grey’s Anatomy ! Puis aussi Dr House, j’adore son caractère de cochon.

Naissance multiple en Inde… info ou intox

Naissance multiple en Inde… info ou intox

Inde-11-bebesComment ne pas revenir sur cette actualité des onze bébés nés en Inde le 11 novembre 2011?

Un beau travail de sage-femme et d’une équipe de neo-nat’ au top pour accueillir ces “onze-tuplés”…

… Mais… Oui il y a un mais car, ici, nous recherchons plus loin que le sensationnel et stoppons un peu cette rumeur!

Après des recherches, voilà comment une traduction d’indien en anglais et d’anglais en français ( ou même d’anglais en français tout simplement… ), l’histoire devient exceptionnelle… Enfin, l’histoire d’origine est tout aussi belle…

Ces Onze bébés sont bien nés le 11 novembre 2011 dans une clinique privée de Surat, dans l’ouest de l’Inde, spécialisée dans les FIV.

Une trentaine de couple indien ont eu une FIV neuf mois auparavant, et une dizaine ont souhaité programmer leur accouchement le 11/11/11.

Une belle publicité pour cette clinique indienne sur leur bon résultat pour lutter contre l’infertilité ( Nadkarni IVF ).

Sachez que le record ( enfin si on peut dire record vu la fin tragique…) sont des nonuplets australiens nés dans les années 70, qui sont décédés en moins d’une semaine et de nonuplets malaisiens nés dans les années 90, qui n’ont pas vécu plus de 6 heures.

Donc avant de relayer du sensationnel, vérifiez les sources…

Liens Times of India : http://timesofindia.indiatimes.com et Wikipedia : http://wikipedia.org

Ouverture d’une maternité : un beau cadre de travail pour les sages-femmes

Ouverture d’une maternité : un beau cadre de travail pour les sages-femmes

L’actualité nous parle souvent de fermeture de maternité, et voilà que je vous apporte une belle nouvelle :

L’OUVERTURE DE LA MATERNITÉ DE PORT-ROYAL à Paris

Ouverture maternité

J’ai eu l’honneur d’être invitée, par l’intermédiaire de Femin’elle, à l’inauguration en avant-première de la nouvelle maternité de Port-Royal.

Nous avons été accueilli par le directeur adjoint des hôpitaux universitaires Stéphane Pardoux, le célèbre Professeur D. Cabrol et par l’architecte des lieux Patrick Berger, entourés de toute l’équipe des chefs de service.

directeur adjoint hopitaux universitaireDominique Cabrol

Cette maternité a bien été étudié pour :

  • optimiser le temps et les services ( même étage pour la salle de naissance, salle d’opération si césarienne, la néo-nat etc…),
  • favoriser les moments mère-enfant ( lit pour bébé à coté de la table d’accouchement, favorise le peau à peau, lactarium interne, unité mère-enfant etc…),
  • améliorer les conditions de la mère et des enfants nés en avance ( chambre adaptée, possibilité de visite de la fratrie après passage avec le psychologue etc…),
  • aussi améliorer le séjour de la mère et de son bébé né à terme ( pièce spacieuse, luminosité naturelle, intimité, jardin intérieur etc…),
  • multiplier les secteurs spécifiques essentiels à la maternité ( consultante en lactation, puéricultrice etc…),
  • multiplier les attentions ( groupe de parole, préparation à l’accouchement, place du père, informations etc… )
  • prendre en charge la femme en général ( IVG, contraception, ménopause, grossesse à risque ou pas, examens pointus, procréation médicalement assistée etc…). Un hôpital pour toutes les femmes.
  • développer la recherche, les laboratoires et accueillir le siège social de Prem’Up,
  • enseigner à la relève : c’est aussi un hopital universitaire!

Accouchement Port-Royal

maternité port-royal

Cela a mis 7 ans pour re-construire sur ce terrain triangulaire de 32 500 m2 et articuler au mieux ces presque 2 000 pièces.

Dans le but de regrouper  St Vincent de Paul, Cochin et assurer les 6 000 naissances annuelles. Et avec le premier bébé prévu pour le 15 février!!!! ( J’aimerai être la maman pour profiter toute seule de ce lieu magnifique… Non, je ne prévois pas le 3ème!!!!!)

Toute l’équipe présente nous a fait visiter le secteur des consultations,  l’accueil des urgences de gynecologie-obstetrique, les salles de naissance et de réveil, la réanimation neonatale, les chambres, les postes de soin avec une disponibilité conviviale, répondant à toutes nos interrogations.

Belharizi Christinecouloir des papas

Une belle visite, une belle ouverture d’esprit, des améliorations faites sur les points que les grosses maternités dites “usine” doivent améliorer.

Pas de concurrence envers les maternités consoeurs : Les Bluets ont toujours leur place dans la maternité “Nature”… Mais là, on part dans un autre débat…

Donc, bientôt, nous prendrons des nouvelles pour en savoir plus sur cette belle maternité parisienne avec la vie des sages-femmes et connaitre le trousseau de bébé.

Maternité Paris

Plus de renseignements sur www.materniteportroyal.aphp.fr 

Et le blog : www.materniteportroyal.aphp.fr


Métier : sage-femme

Métier : sage-femme

Avec notre sage-femme du mois de février : Géraldine, nous mettons à l’honneur le métier et sa dure réalité.

Et je pense aussi à nos jeunes lycéens qui sont en période de recherche d’orientation scolaire, c’est le bon moment de parler du métier de sage-femme.

metier-sage-femme

- La sage-femme est compétente : Il y a en France plus de 20 000 sages-femmes qui exercent principalement en milieu hospitalier ( public ou privé ). A noter que le milieu libéral se développe de plus en plus ces dernières années. Vous pouvez aussi en rencontrer dans les PMI.

Article L4151-1 du code de la santé publique

L’exercice de la profession de sage-femme comporte la pratique des actes nécessaires au diagnostic, à la surveillance de la grossesse et à la préparation psychoprophylactique à l’accouchement, ainsi qu’à la surveillance et à la pratique de l’accouchement et des soins postnataux en ce qui concerne la mère et l’enfant, sous réserve des dispositions des articles L. 4151-2 à L. 4151-4 et suivant les modalités fixées par le code de déontologie de la profession, mentionné à l’article L. 4127-1.
L’examen postnatal peut être pratiqué par une sage-femme si la grossesse a été normale et si l’accouchement a été eutocique.
L’exercice de la profession de sage-femme peut comporter également la réalisation de consultations de contraception et de suivi gynécologique de prévention, sous réserve que la sage-femme adresse la femme à un médecin en cas de situation pathologique.

(…)

Pour résumer, la sage-femme :

  1. Assure la surveillance médicale et l’accompagnement de la femme, de la déclaration de grossesse jusqu’à l’accouchement,
  2. Aide les futurs parents à préparer l’accouchement et l’accueil de l’enfant,
  3. Pratique l’échographie Pratiquer l’accouchement,
  4. Assure la surveillance médicale des suites de la naissance pour l’accouchée et le nouveau-né,
  5. Accompagne et suivre l’allaitement maternel,
  6. Réalise l’accompagnement de la mère et du couple après la naissance,
  7. Réaliser la consultation postnatale,
  8. Pratiquer la rééducation périnéo-sphinctérienne liée à l’accouchement tout au long de la vie quel que soit l’âge,
  9. Assure la contraception et le suivi gynécologique de prévention chez la femme en bonne santé tout au long de sa vie.

Source brochure Ordre des sages-femmes et Ordre des sages-femmes.

diplome-sage-femme- Etre sage-femme en 5 ans : La formation de sage-femme se déroule en 4 ans avec un diplôme d’Etat avec 1 an de premier cycle ( PCEM1 ). En plus d’évoluer professionnellement en devenant cadre, la sage-femme a la possibilité de devenir directrice de crèche, enseignante, directrice d’école ( après expérience ). Elle peut aussi compléter son cursus en se formant pour être puéricultrice, infirmière anesthésie ou de bloc opératoire. Elle bénéficie d’une dispense de scolarité pour les études de masseur- kinésithérapeute, d’ergothérapeute et d’infirmier.

La sage-femme peut aussi se spécialiser dans la sophrologie, le yoga, l’haptonomie  et on peut la rencontrer dans des clubs qui  proposent la préparation à l’accouchement en piscine.

Source emploi-public et Ordre des sages-femmes

Qualité-sage-femme- La sage-femme est courageuse : en plus de supporter nos cris et nos plaintes pendant l’accouchement, elle a des heures irrégulières, des gardes de nuit fréquentes, un manque de visibilité sur leur compétence ( pas de publicité ), une concurrence accrue de société de bien-être.

Son salaire varie de 1 600 à plus de 3 000€ pour les cadres sans compter les primes dans certains cas.

Le métier de sage-femme est essentiel voire vital mais ce n’est pas pour ça qu’il est reconnu en tant que tel.

qualité sage-femme- Les qualité de la sage-femme : elle est à l’écoute, réactive, rassurante, résistante, zen, souriante, compatissante et professionnelle.

sage-femme- La sage-femme revendique : longtemps docile, la sage-femme crie haut et fort ses problèmes! 3 ans de revendications, de réunions ministérielles et syndicales stériles, de manifestations… Et enfin un premier pas en début 2012 avec une revalorisation du tarif.

lien : http://www.onssf.org/ et 2012, année sage-femme?

recherche-travail-sage-femme- La sage-femme peut connaître le chômage : il est marginal dans ce métier, il est même un des taux les plus bas avec celui des aides-soignants. On note une pénurie de sage-femme plus importante en Ile-de-France et dans le Nord Pas-de-Calais. Mais il existe bel et bien.

maieuticien- La sage-femme n’est pas que femme : le métier de sage-femme est aussi ouvert aux hommes! Un homme au milieu d’un univers de femme apporte une touche particulière et originale à l’équipe… un coté rassurant pour les futurs papas…

anecdote-sage-femme- Histoire sur la sage-femme :

  • En français des anciennes colonies françaises des Amériques, la sage-femme est plutôt nommée chaste-femme.
  • Dans la nouvelle réforme de l’orthographe on peut aussi écrire sagefemme… On perd un peu de magie sans le trait d’union, non?…
  • La première sage-femme nommée comme telle est à l’Hotel-Dieu de Montmorency le 22 décembre 1779.
  • 1982 : date à laquelle les hommes peuvent prétendre au métier de sage-femme…. et maieuticien est le terme qui peuvent leur être octroyé ( dictionnaire Académie française ).

 

Un beau métier qui doit être exercé par vocation… mais une vocation peut commencer par sa découverte sur un blog, en les côtoyant ou en étant curieux lors de rencontre de métier.

Alors?… En connaissez-vous plus sur ce métier de sage-femme?

 

Interview du mois de février

Interview du mois de février

temoignage sage-femme

Et nous recommençons nos témoignages, nos découvertes dans le milieu des sages-femmes de 2012.

 J’espère que tous ces témoignages fasse écho et arrivent aux oreilles ( enfin aux yeux…) des bonnes personnes pour faire avancer la situation des sages-femmes de France!

Voilà une nouvelle interview sur L’écho des sages-femmes. Et voici notre sage-femme du mois de février…

°o°o-  Bonjour, vous commencez l’année 2012 sur notre blog, présentez-vous à nos chers lecteurs :

°Oo- Bonjour, je m’appelle Géraldine, je suis âgée de 29 ans. Je suis sage-femme hospitalière depuis plus de 5 ans. J’exerce actuellement à Paris.

°o°o- Votre métier, est-il une vocation ou un hasard de la vie?

°Oo- D’origine Corse, j’ai décidé de poursuivre mes études à la faculté de médecine à Marseille.
J’ai été prise en sage-femme. Je dois avouer que j’étais dans le flou artistique… Ce métier, finalement peu connu, me laissait dubitative.
J’ai songé à une réorientation. Mais pour ne pas rester dans mon ignorance, j’ai demandé de passer une journée dans une maternité au sein du service des urgences obstétricales.
Cette journée fût enrichissante pour moi et m’a permis d’orienter ma décision vers la poursuite de ce cursus professionnel.
Par la suite, il faut savoir que pour continuer ces études, il faut être très motivé et aimer ce que l’on fait sans ça ce n’est pas possible. Les étudiants sont très vite mis dans le bain, alors une bonne résistance physique et psychique est de rigueur.
Tout ça pour dire, que je ne dirais pas que cela soit une vocation mais une formidable révélation.

°o°o- Avez-vous une particularité qui vous rend unique?

°Oo- Je n’ai pas le sentiment d’avoir une particularité qui me rend unique. Tout ce que j’essaye de faire, c’est de m’occuper au mieux de mes patientes, de répondre à leurs attentes dans la mesure du possible.

°o°o- Quel est votre plus beau souvenir ou votre grande fierté?

°Oo- De beaux souvenirs j’en ai…. Lorsqu’ être parents devient un combat de plusieurs années et qu’au final désir devient réalité. Etre là pour voir le visage de parents comblés devant ce petit être tant attendu est pour moi un moment magique.

°o°o- Quelle est la chose la plus insolite que vous avez vu? Ou même fait…

°Oo- Dans le registre, choses insolites il faut dire qu’en maternité elles ne manquent pas…En revanche je ne garde pas tout en tête, dommage, car on peut dire qu’on pourrait en écrire un livre.
Une chose qui me vient en tête, c’est une patiente qui donnait  un yaourt à son bébé…

°o°o- Que conseillez-vous pour remplir la valise de maternité de bébé? Car c’est un casse-tête pour les futures mamans!

°Oo- Concernant la valise de maternité, je dirais une turbulette, body , brassière, pyjama, chaussettes, bonnet, coussin d’allaitement, crème à base de lanoline ça peut toujours servir, soutien gorge d’allaitement, brumisateur, savon doux hygiène intime et bien sûr vêtements pour la maman. Le tout pour en moyenne quatre jours.

°o°o- Avez-vous une cause qui vous tienne à coeur?

°Oo- Il y a pas mal de choses qui me tiennent à cœur. Par ailleurs je profiterai de cette prise de parole pour dire que notre métier est un métier à part entière je ne vais pas en faire toute son apologie mais j’ai la hargne lorsque je vois que notre profession est si mal connue auprès de l’opinion publique, nos responsabilités, on nous demande de faire de plus en plus de choses sans revalorisation. De plus en plus de fusion de maternité pour augmenter la rentabilité au détriment des patientes…

°o°o- Et pour finir, quel est le meilleur soap médical américain que vous adorez?

 °Oo- Pour le soap médical, je dirais Grey’s Anatomy, une série amusante, avec les hauts et les bas que l’on peut rencontrer dans le milieu hospitalier.

Merci Géraldine pour votre intervention. Cela m’émeut toujours de découvrir leur métier avec ce pincement au coeur que si j’avais su… si j’avais connu toutes les facettes du métier, j’aurai pu… Ça ne vous donne pas cette impression vous aussi?…

Rendez-vous la semaine prochaine sur la profession de sage-femme avec l’aide de Géraldine.

2012, année sage-femme?

2012, année sage-femme?

Objectif N°3 : respectons les sages-femmes

Et l’année commence bien par la revalorisation des tarifs!

Une des revendications des manifestations des sages-femmes en 2011 :

manifestationmaternité

Le tarif des consultations sage-femme est réévalué à celui d’un généraliste : on passe de 17€ à 21€ pour finir à 23€ en 2013.

Un premier pas en avant mais qui soulève quelques indignations de médecins généralistes ( vu dans le blog de la sage-femme 10lunes )

Mis à part cette remise à niveau des tarifs, les syndicats ont aussi signé une régulation des disparités démographiques : avoir des sages-femmes là où il n’y en a pas ou peu.

L’aide à domicile au retour d’un accouchement sans problème est une procédure qui s’installe en 2012. Cela va leur redonner leur véritable fonction auprès des femmes… Un meilleur partage du travail entre médecin et sages-femmes pour le suivi pré et post natal… bon ça c’est ce que j’espère…

Lien AFP : tarifs des sages-femmes …

Qu’est-ce que ça veut dire pour nous les femmes?… C’est pouvoir s’adresser plus facilement à une sage-femme durant notre vie de Femme : plus de disponibilité, un meilleur travail sur nos suivis et surtout il faut que l’information circule bien sur toutes les compétences que la sage-femme nous apporte!

Voilà un premier qui peut qu’annoncer une belle avancée en 2012! Continuons à les soutenir!

Car MA SAGE-FEMME, J’Y TIENS!trousseau naissance